Vue du Mucem et du Fort Saint-Jean à Marseille – Cabinet d'avocats Julien Ayoun
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Avocats en droit des affaires et droit immobilier à Marseille
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Indemnité d'éviction du bail commercial : vos droits à Marseille

Votre bailleur refuse de renouveler votre bail commercial à Marseille ? Sauf exception, il vous doit une indemnité d'éviction destinée à réparer l'intégralité du préjudice causé par la perte de votre droit au renouvellement. Montant, méthode de calcul, délais pour agir, maintien dans les lieux, droit de repentir du bailleur : ce guide fait le point sur les règles issues des articles L. 145-14 et suivants du Code de commerce, telles qu'elles s'appliquent devant le Tribunal judiciaire de Marseille et la Cour d'appel d'Aix-en-Provence.

En bref. L'indemnité d'éviction est la somme que le bailleur doit verser au locataire commerçant dont il refuse de renouveler le bail (article L. 145-14 du Code de commerce). Elle répare l'intégralité du préjudice causé : perte ou transfert du fonds de commerce, frais de déménagement et de réinstallation, droits de mutation. Sauf exceptions légales, le locataire peut se maintenir dans les lieux jusqu'à son paiement complet.

Qu'est-ce que l'indemnité d'éviction du bail commercial ?

Le statut des baux commerciaux confère au locataire un droit au renouvellement de son bail, souvent appelé « propriété commerciale ». Le bailleur reste libre de refuser le renouvellement, mais cette liberté a un prix. L'article L. 145-14 du Code de commerce dispose :

« Le bailleur peut refuser le renouvellement du bail. Toutefois, le bailleur doit, sauf exceptions prévues aux articles L. 145-17 et suivants, payer au locataire évincé une indemnité dite d'éviction égale au préjudice causé par le défaut de renouvellement. »

L'indemnité d'éviction est donc la contrepartie financière du refus de renouvellement. Son objet est de replacer le locataire évincé dans une situation économique équivalente à celle qu'il aurait connue si son bail commercial avait été renouvelé.

Quand l'indemnité d'éviction est-elle due - et quand ne l'est-elle pas ?

L'indemnité est due chaque fois que le bailleur délivre un congé avec refus de renouvellement, ou rejette la demande de renouvellement du locataire, alors que celui-ci remplit les conditions du droit au renouvellement (immatriculation et exploitation effective du fonds dans les lieux).

Le bailleur échappe toutefois au paiement dans des hypothèses strictement encadrées par l'article L. 145-17 du Code de commerce, notamment :

  • Motif grave et légitime à l'encontre du locataire : manquement persistant à ses obligations (impayés répétés, sous-location irrégulière, défaut d'exploitation), en principe après une mise en demeure demeurée infructueuse - à rapprocher du mécanisme de la clause résolutoire ;
  • Immeuble insalubre ou dangereux devant être totalement ou partiellement démoli.

À noter : la loi de simplification de la vie économique du 26 mai 2026, qui a retouché plusieurs équilibres du bail commercial (mensualisation des loyers, encadrement des garanties), n'a pas modifié le régime de l'indemnité d'éviction - voir notre analyse de la réforme des baux commerciaux 2026.

Comment se calcule l'indemnité d'éviction ?

Tout repose sur une question de fait : la clientèle est-elle perdue ou simplement déplacée ? La réponse détermine la nature de l'indemnité principale.

Situation Indemnité principale Méthode d'évaluation
La clientèle est perdue (clientèle attachée à l'emplacement, réinstallation équivalente impossible) Indemnité de remplacement du fonds Valeur marchande du fonds de commerce, déterminée suivant les usages de la profession (pourcentage du chiffre d'affaires, multiple de l'excédent brut d'exploitation)
La clientèle peut être transférée (réinstallation possible à proximité) Indemnité de transfert (déplacement) Valeur du droit au bail perdu et coûts complets du transfert du fonds

La Cour de cassation juge que lorsque la situation du fonds s'est dégradée au point que sa valeur se réduit à celle de son droit au bail, l'indemnité de remplacement peut être fixée à la valeur du droit au bail dès lors qu'elle est supérieure à la valeur marchande du fonds (Cass. 3e civ., 16 décembre 1997, n° 96-16.779). En pratique, la valeur du droit au bail joue ainsi le rôle de plancher d'indemnisation.

S'ajoutent à l'indemnité principale les indemnités accessoires, dont la liste n'est pas limitative :

  • frais normaux de déménagement et de réinstallation ;
  • frais et droits de mutation à payer pour un fonds de même valeur ;
  • trouble commercial subi pendant la période de transition ;
  • indemnités de licenciement lorsque l'éviction contraint à supprimer des emplois ;
  • frais divers liés au départ (résiliations, doubles charges).

L'article L. 145-14 réserve au bailleur la possibilité de prouver que le préjudice réel du locataire est moindre : l'évaluation est un débat contradictoire, le plus souvent nourri par une expertise judiciaire.

Procédure et délais : comment obtenir le paiement ?

  1. Le congé ou le refus de renouvellement. Le congé portant refus de renouvellement est délivré par acte de commissaire de justice pour le terme du bail ; le refus peut aussi être opposé à la demande de renouvellement formée par le locataire.
  2. Agir dans les deux ans. Les actions fondées sur le statut des baux commerciaux, dont la demande en paiement de l'indemnité d'éviction, se prescrivent par deux ans (article L. 145-60 du Code de commerce).
  3. L'expertise. Devant le Tribunal judiciaire de Marseille, l'évaluation du fonds donne généralement lieu à la désignation d'un expert judiciaire, dont le rapport est ensuite débattu par les parties.
  4. Le maintien dans les lieux. Tant que l'indemnité n'est pas payée, le locataire ne peut être contraint de quitter les locaux (article L. 145-28 du Code de commerce) ; il doit en contrepartie une indemnité d'occupation fixée à la valeur locative.
  5. Le droit de repentir du bailleur. Jusqu'à l'expiration d'un délai de quinze jours à compter de la décision définitive fixant l'indemnité, le bailleur peut se soustraire au paiement en consentant au renouvellement du bail (article L. 145-58 du Code de commerce), à condition que le locataire soit encore dans les lieux et ne se soit pas déjà réinstallé.

Illustration pratique à Marseille

Exemple hypothétique : un commerçant exploite depuis douze ans une boutique dans un quartier commerçant de Marseille. Son bailleur lui délivre un congé sans offre de renouvellement ni motif grave. La clientèle, essentiellement de proximité, est attachée à l'emplacement : aucune réinstallation équivalente n'est possible dans le secteur. L'éviction entraîne donc la perte du fonds, et l'indemnité principale sera calculée sur la valeur marchande de celui-ci, majorée des indemnités accessoires. Dans l'attente du paiement, le commerçant se maintient dans les lieux en réglant une indemnité d'occupation. Une issue négociée reste possible à tout moment, y compris après dépôt du rapport d'expertise.

Les erreurs fréquentes - et le rôle de l'avocat

  • Quitter les lieux prématurément, avant tout accord ou paiement : le locataire se prive de la protection de l'article L. 145-28 et fragilise l'évaluation de son préjudice ;
  • Laisser courir la prescription biennale de l'article L. 145-60 ;
  • Accepter la première offre du bailleur sans chiffrer les indemnités accessoires ni discuter la méthode d'évaluation du fonds ;
  • Côté bailleur : délivrer un congé insuffisamment motivé, sous-estimer le coût réel de l'éviction ou négliger l'exercice du droit de repentir dans le délai de quinze jours.

L'avocat intervient à chaque étape : audit du congé et des conditions du droit au renouvellement, stratégie contentieuse ou transactionnelle, assistance à l'expertise, négociation du montant et sécurisation du départ ou du maintien dans les lieux.

Points clés à retenir

  • Le refus de renouvellement oblige en principe le bailleur à verser une indemnité d'éviction (art. L. 145-14 C. com.).
  • Indemnité de remplacement (perte du fonds) ou de transfert (clientèle déplaçable) : la distinction commande le montant.
  • Les indemnités accessoires (déménagement, réinstallation, droits de mutation, trouble commercial) s'ajoutent à l'indemnité principale.
  • Le locataire peut rester dans les lieux jusqu'au paiement complet, moyennant une indemnité d'occupation (art. L. 145-28 C. com.).
  • L'action se prescrit par deux ans (art. L. 145-60 C. com.) et le bailleur dispose d'un droit de repentir de quinze jours (art. L. 145-58 C. com.).

Le cabinet de Maître Julien Ayoun, avocat au Barreau de Marseille intervenant en droit des baux commerciaux, assiste bailleurs et locataires à chaque étape de l'éviction commerciale, de l'analyse du congé à la fixation judiciaire de l'indemnité. Contactez-nous au 04 84 25 40 91 ou via la page contact. Nos modalités d'honoraires sont présentées en toute transparence.

FAQ - Indemnité d'éviction du bail commercial

Qu'est-ce que l'indemnité d'éviction d'un bail commercial ?

C'est la somme que le bailleur doit verser au locataire lorsqu'il refuse de renouveler le bail commercial (article L. 145-14 du Code de commerce). Elle répare l'intégralité du préjudice causé par le défaut de renouvellement : perte ou transfert du fonds de commerce et frais annexes. Elle n'est écartée que dans les cas prévus par la loi, notamment le motif grave et légitime.

Comment est calculée l'indemnité d'éviction ?

Si la clientèle est perdue, l'indemnité principale correspond à la valeur marchande du fonds de commerce, déterminée suivant les usages de la profession ; si la clientèle peut être transférée, elle correspond à la valeur du droit au bail et aux frais de transfert. S'y ajoutent les indemnités accessoires : déménagement, réinstallation, droits de mutation, trouble commercial.

Le locataire doit-il quitter les lieux avant d'être indemnisé ?

Non. L'article L. 145-28 du Code de commerce permet au locataire de se maintenir dans les lieux jusqu'au paiement complet de l'indemnité d'éviction. Il doit en contrepartie une indemnité d'occupation, fixée à la valeur locative. Quitter volontairement les locaux avant tout accord ou paiement est une erreur stratégique fréquente.

Dans quel délai faut-il agir pour demander l'indemnité d'éviction ?

L'action se prescrit par deux ans (article L. 145-60 du Code de commerce). Le point de départ dépend de l'acte en cause : congé avec refus de renouvellement ou réponse du bailleur à la demande de renouvellement. Passé ce délai, le locataire perd son droit à indemnisation ; il faut donc agir sans tarder.

Le bailleur peut-il revenir sur son refus de renouvellement ?

Oui, grâce au droit de repentir de l'article L. 145-58 du Code de commerce : jusqu'à quinze jours après la décision définitive fixant l'indemnité, le bailleur peut consentir au renouvellement pour échapper au paiement, à condition que le locataire soit encore dans les lieux et n'ait pas déjà loué ou acheté un autre local.

Article rédigé par Maître Julien Ayoun, avocat au Barreau de Marseille, intervenant en droit immobilier et droit des affaires. Mis à jour le 18 juillet 2026. Sources officielles : article L. 145-14 du Code de commerce (Légifrance) · section « Du refus de renouvellement » (Légifrance) · entreprendre.service-public.gouv.fr. Le présent article a une vocation informative générale et ne constitue pas une consultation juridique.

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Cabinet Julien Ayoun, Avocat au Barreau Membre du Réseau Provence Avocats Cabinet situé 19, boulevard Arthur Michaud - 13015 Marseille Adresse Postale : BP 80222 - 13178 Marseille Cédex 20 Tél. : 04.84.25.40.91 - Fax. : 09.55.81.65.21 Mail : julien.ayoun@outlook.com Directeur de la publication : Maître Julien AYOUN 19, boulevard Arthur Michaud, 13015 Marseille